ELISE SIMONET

 

 

 

 

 

« MON CAUCHEMAR »

une pièce sonore et visuelle, à partir d’une collecte de rêves troubles

création festival Chahuts, Bordeaux, juin 2012
présentée au centre André Malraux/scène nationale de Vandoeuvre-les-Nancy et au Théâtre National de Luxembourg, dans le cadre du festival « Il faut brûler pour briller", septembre 2012
aux Ateliers Intermédiaires à Caen en mars 2013
au festival Vivat la danse à Armentières et à la Maison Folie Beaulieu de Lomme en janvier 2014
et au festival Artdanthé de Vanves en février 2014

Visuel LLCoolJo

 

Conception et mise en scène : Elise Simonet


Création sonore, montage et régie son: Emmanuel Lebrun
Création vidéo et scénographie : Konstantin Telepatov
Création juin 2012, dans le cadre de « Chahuts », Bordeaux.

Production CHanTier21THéâTRe, Caen

 

« Le rêve me plaît parce qu’il s’agit d’une langue iconique. Les images qu’il génère sont des rébus, mais dont le sens ne serait jamais trouvé. Je ne veux pas qu’on résolve l’énigme. La solution existe bien, mais elle n’est pas donnée avec certitude. »
Edouard Levé


Note d’intention

« J’aime écouter les gens.
J’aime les histoires.
J’aime les rendez vous secrets, autour d’un feu de camp, où l’on jouerait, dans la nuit noire, à se faire peur avec d’étranges récits…

Pour « Mon cauchemar » j’ai décidé de collecter les imaginaires nocturnes, de fouiller les tiroirs des cerveaux en veille. 60 personnes m’ont raconté leurs cauchemars et rêves troubles. Je les ai enregistré et ai travaillé à une pièce sonore à partir de leurs récits, de leurs voix, de leurs souffles.

J’ai choisi le rêve pour sa puissance d’évocation, pour le tout est permis.

Je pars du postulat que l’écoute d’un récit de rêve, non romancé, engage une autre réception de la fable que celle  de l’écoute d’une fiction écrite par un auteur en pleine maîtrise de son imaginaire. Cela prendrait la forme du documentaire, où tout serait possible.

Il est difficile de « mettre en mot » un rêve. Je m’intéresse à la manière dont les personnes choisissent les mots qui racontent leurs rêves, je les guette comme l’apparition de paysages, leur description.

Loin de faire un travail de recherche symbolique ou psychanalytique, j’ai principalement souhaité entendre des gens « au travail ». Me racontant leurs rêves, chacun d’eux à travaillé a la réminiscence à la fois d’espaces et de sensations.
La langue qui émane de cet exercice est toute particuliere.
Les rêveurs retraversent leurs histoires, décrivent et font apparaître devant nous les paysages, bafouillent, trébuchent, cherchent les mots justes pour être au plus près des images perçues et des  senstations éprouvées.

Le montage sonore de « Mon cauchemar » conserve la forme brute du récit oral, et propose de l’experimenter dans un espace singulier, propice à l’écoute et à l’apparition des « visions » du rêve. »

La première étape du projet est basée sur la collecte de cauchemars, suivant différents protocoles, auprès de personnes connues ou inconnues, en France et ailleurs. 
Deux résidences organisées par Chahuts m'ont permis de recueillir des cauchemars auprès des habitants du quartier St Michel et alentours.( juin 2011 et novembre 2011)
La seconde étape du projet se déroule entre janvier et mai 2012 avec Emmanuel Lebrun qui réalise le montage sonore et l'ambiance musicale de la pièce sonore, et avec Konstantin Telepatov qui réalise la vidéo de l'installation.


Critique Sud Ouest juin 2012:

Après un rêve

Les rêves sont à l'origine de nombreuses créations artistiques. Voilà pourquoi composer un travail à partir et sur cette matière brute est une gageure. Elise Simonet a remporté haut la main ce défi dans son installation sonore et visuelle « Mon Cauchemar », présentée à différentes reprises sur le festival. Presque aussi nombreux que la veille à 23 heures, les spectateurs étaient une trentaine à 6 heures du matin à l'Atelier Saint-François, adresse tenue secrète aux non-participants.

Passée la voute de pierre du XIIIe siècle, les yeux endormis sont plongés dans la pénombre d'une pièce composée d'un lit, de coussins et d'un feu de camp fait de branches et de vidéos. Sur un écran sont projetées les images d'un foyer, au centre de paysages de verdure, à différentes heures du jour et de la nuit. La grotte primitive, la veillée initiatique, les sombres profondeurs de l'âme : Elise Simonet a recréé les conditions de naissance des mauvais rêves. Elle a surtout assemblé, sans les interprétés, une trentaine de cauchemars collectés dans les règles de l'art : au saut du lit d'amis lui ayant confié les clefs de chez eux ou dans l'intimité du sous-sol du bar-tabac de Saint-Michel. L'écoute est captivante tant les images oniriques parlent d'elles-mêmes : le tsunami symbole du débordement de l'inconscient, la maison aux pièces changeantes comme les contours du moi, « l'inflation » psychanalytique sous forme de combinaison gonflée à l'hélium, etc. À part le sexe, les thèmes fondamentaux se succèdent : engloutissement, perte d'identité, effroi, solitude existentielle, maladie, mort… parfois avec humour (un requin qui vient frapper à la porte de la rêveuse), ou poésie noire comme ce dépeçage par un meurtrier à la technique « symphonique » allant au-delà des critères « du syndicat du crime ».

http://www.sudouest.fr/2012/06/15/des-chahuts-vecus-743971-4608.php

 

Interview RADIO NOVA :

itw chahuts Elise Simonet

 

Portfolio Standard Magazine Automne 2012